La marche nordique, un sport bon pour la santé

En France, c’est dans les années 2000 que différents sportifs français se sont investis dans ce sport. C’est en 2009 que le sport est réglementé par la Fédération Française d’Athlétisme à la demande du Ministère chargé des Sports. Excellent sport d’endurance avec de nombreux bienfaits physiques, c’est une activité qui permet d’améliorer des conditions de vie et surtout prévenir de certaines maladies.
En France, c’est dans les années 2000 que différents sportifs français se sont investis dans ce sport. C’est en 2009 que le sport est réglementé par la Fédération Française d’Athlétisme à la demande du Ministère chargé des Sports. Excellent sport d’endurance avec de nombreux bienfaits physiques, c’est une activité qui permet d’améliorer des conditions de vie et surtout prévenir de certaines maladies.
Sommaire
Pour en savoir davantage et comprendre les avantages liés à ce sport, Frédéric Depiesse nous explique tout. Bonjour Frédéric, qui êtes-vous ? Que faites-vous dans la vie ? Quel est votre parcours ?

Aujourd’hui vous travaillez toujours avec la fédération française d’athlétisme ?

Vous avez donc découvert la marche nordique lors de votre voyage à Helsinki ?

Pour vous, c’est quoi le sport santé aujourd’hui ?

Quels sont selon vous les bienfaits de manière générale de la marche nordique ?

Est-ce vrai que la marche nordique fait travailler 80 à 90% des muscles du corps ?

Selon vous, la marche nordique prévient-elle de nombreuses maladies ?

Pour quel type de maladies la marche nordique prévient secondairement l’évolution ?

Auriez-vous au contraire des contre-indications à la marche nordique ?

Savez-vous s’il existe des clubs ou associations qui proposent une approche assez spécifique de la marche nordique dédiée justement à ces pathologies-là ?

Selon vous, la marche nordique est-il un sport adapté au développement physique des enfants ? Est-ce recommandé de commencer assez jeune la pratique de la marche nordique ?

Avez-vous des recommandations sport santé à nous faire ? Quelque chose à ajouter ? Un petit mot de fin sur votre livre ?

Bonjour Frédéric, qui êtes-vous ? Que faites-vous dans la vie ? Quel est votre parcours ?

Je suis médecin du sport, né dans l’athlétisme, je suis un ancien athlète. J’ai eu la chance d’intégrer rapidement la fédération française d’athlétisme dans ma jeunesse et donc de travailler avec des athlètes de haut niveau français mais aussi de travailler pour le sport loisir et pour les licenciés de la fédération.
En 2005 on s’est retrouvé sur un championnat du monde d’athlétisme à Helsinki en Finlande. Le président Bernard Amsalem a vu passer des gens qui marchaient avec des bâtons dans les champs, les parcs, les jardins de la capitale et là il s’est dit mais c’est quoi ça ?
En rentrant sur Paris on a vu qu’il existait une fédération internationale mais que personne n’avait pensé à positionner la marche nordique dans les fédérations françaises sportives et pas uniquement dans le domaine marchand. C’est comme cela que nous avons eu une discussion avec le ministère qui nous a expliqué qu'il fallait qu’il y ait une association reconnue d’utilité publique et une fédération délégataire du ministère des sports qui la prenne en charge.

Le président de la fédération s’est dit que ça pourrait être sympa d’intégrer la marche nordique puisqu’on avait déjà la marche athlétique, donc on a récupéré la délégation de service public sur la marche nordique. Ce qui n’empêche pas, bien sûr, les autres fédérations de faire pratiquer de la marche nordique, ni de faire un peu de formation. Elles ne peuvent simplement pas donner des titres de champion de France et organiser des compétitions. Seule la fédération qui est délégataire le peut. Les autres fédérations peuvent s’occuper du sport santé par contre. Mon objectif en tant que médecin c’est qu’un maximum de personnes aient la joie et le bonheur de pratiquer cette belle activité !

Aujourd’hui vous travaillez toujours avec la fédération française d’athlétisme ?

Je travaille encore un petit peu comme bénévole avec la fédération d’athlétisme mais je me suis développé dans plein d'autres domaines du milieu sportif. Je travaille surtout comme médecin hospitalier , avec le comité national olympique, avec la société française de médecine de l'exercice et du sport et avec tout le courant du sport santé médical français.

Vous avez donc découvert la marche nordique lors de votre voyage à Helsinki ?

Oui tout à fait. À titre personnel je n’avais aucune culture de la marche nordique, j’ai découvert ça et ensuite j'ai eu la chance de pratiquer, puis de former un nombre important d’éducateurs sportifs… Alors évidemment je n'ai pas formé sur la technique, c’est plutôt eux qui m’ont appris la technique, moi je les ai formés sur le côté santé et sur l'intérêt pour tout le monde en prévention primaire, secondaire et en thérapeutique. Car, il y a aussi ceux qui ont malheureusement des pathologies chroniques et pour eux la marche nordique est un outil super efficace.

Pour vous, c’est quoi le sport santé aujourd’hui ?

Pour moi le sport santé c’est bouger ! Simplement bouger ! Le sport santé c'est quelque chose de naturel, c'est-à-dire qu'il ne faut pas chercher à faire compliqué, à faire quelque chose de trop complexe, il faut utiliser les capacités de Monsieur et Madame tout le monde pour bouger et le sport santé c’est ça. Après bien évidemment il y a des adaptations. On parle de capacités physiques adaptées dans certains cas parce qu’il y a des gens qui ont des pathologies qui peuvent être compliquées. En plus de cela, on a créé une spécialité professionnelle donc bien évidemment on a besoin de lui trouver des débouchés mais globalement si on reste sur le sport santé, pour moi c’est le fait de bouger et de revenir à ce pourquoi on a été créé, c'est-à-dire exploiter notre potentiel. On voit aujourd’hui les effets de la sédentarité dans le monde et on se dit bien que ne plus bouger c’est dangereux.

Quels sont selon vous les bienfaits de manière générale de la marche nordique ?

La marche nordique améliore notre santé physique mais aussi notre santé mentale, et ça c’est très important. Ça apporte aussi des bénéfices par rapport à la santé sociale. C'est-à-dire que la marche est un sport de rencontre. C’est un outil de rencontre de soi, il permet une introspection ; quand on marche on va réfléchir, on va faire son programme du lendemain au travail, on va préparer son week-end avec ses amis, on va penser à ce qu'on a pas fait et ce que l’on aimerait faire, on va philosopher, on va peut-être s'énerver… C'est donc un sport et une activité qui se pratique soit seul, soit avec d’autres personnes en discutant, en couple, en binôme… C’est donc une superbe rencontre de l’autre et de soi. Ensuite marcher c’est aussi améliorer sa capacité à dépenser de l’énergie. Plus nous sommes capables de dépenser cette énergie, plus notre organisme en bénéficie. La marche nous permet de consommer des calories, c’est important et bon pour les gens qui cherchent à perdre du poids.

La marche nordique c’est aussi l’amélioration des capacités cardiovasculaire et respiratoire, du métabolisme osseux. Ça renforce les os des enfants pour prévenir dès l’enfance l’évolution vers l’ostéopénie puis l’ostéoporose et des patients plus âgés qui ont des pathologies comme l’ostéoporose. On va être capable de mieux utiliser nos métabolismes. La marche stimule la fabrication de l’os, le cartilage est protégé, les muscles sont renforcés limitant l’évolution arthrosique, les risques de chute et de sarcopénie des aînés. C’est un sport très bénéfique pour les diabétiques, pour les maladies des lipides… C’est un sport qui brûle les calories et encore plus avec les bâtons. La marche a un impact positif sur les troubles de l’humeur, la déprime, voire la dépression. La marche permet une augmentation des neurotransmetteurs durant l’exercice au niveau du cerveau qui stimulent des zones très intéressantes pour la mémorisation, la dépression, la sensation de faim... La marche est un des outils les plus faciles d’accès chez le dépressif, les fibromyalgiques pour la gestion des douleurs. Les bâtons sont aussi intéressants pour les troubles de l’équilibre, les maladies neuro dégénératives. C’est donc un sport recommandé pour la maladie de Parkinson ou la sclérose en plaques. Généralement, une fois essayé, les gens ont du mal à s’en passer !

Est-ce vrai que la marche nordique fait travailler 80 à 90% des muscles du corps ?

Oui. Non seulement c’est vrai, mais en plus on le voit parce qu’il y a une augmentation de la consommation maximale d’oxygène sur le même effort, pour une même durée et à la même intensité par rapport à la marche sans bâtons. Si vous marchez avec des bâtons, vous consommez environ 20% de plus d’oxygène. Si vous consommez plus d’oxygène, c'est que vous avez utilisé plus de muscles, donc c'est une réalité !

Selon vous, la marche nordique prévient-elle de nombreuses maladies ?

Il y a effectivement des maladies qui peuvent être prévenues par l’activité physique. Je pense par exemple au diabète. Si vous vous trouvez dans une phase de pré-diabète, l’activité physique permet de ne pas passer au stade diabétique. Certains cancers peuvent aussi être prévenus par l’activité physique. Par contre, nous n’avons pas la preuve que la marche nordique peut empêcher de passer au stade d’une sclérose en plaques avérée ou d’un Parkinson avéré mais nous savons que cette pratique va diminuer sa vitesse d’évolution donc on parle ici de prévention secondaire.

Pour quel type de maladies la marche nordique prévient secondairement l’évolution ?

La marche nordique prévient par exemple les maladies dégénératives neurologiques en retardant le déclin et améliorant la qualité de vie, comme déjà cité elle joue aussi sur le diabète. Le diabètique insulinodépendant de type I ou type II devenu insulino-nécessitant consomme moins d’insuline avec la marche nordique. Le diabétique de type 2 consommera mieux les sucres à tous les stades de sa maladie et retardera ainsi l’usage des médicaments et les risques de complications. Ici, on parle de prévention primaire et secondaire mais surtout de soins, mieux qu’un médicament. Il en est de même pour l’hypertension artérielle. On peut la prévenir et si elle est déjà présente la contrôler plus facilement (sauf quelques cas très résistants). La marche nordique, va diminuer la pression sanguine et donc diminuer la consommation de médicaments. La marche nordique peut aussi prévenir l’obésité et parfois accompagne la perte de poids avec une alimentation adaptée : en réduisant le risque d’augmentation de prise de poids à la ménopause par exemple, ou chez les enfants qui ont une mauvaise nutrition. C’est aussi un sport idéal pour accompagner les personnes qui souhaitent arrêter de fumer. On remplace la drogue du tabac par la drogue de la marche nordique. L’objectif c’est d’arriver à faire que je transforme Monsieur et Madame tout le monde en drogués de la marche nordique.

Auriez-vous au contraire des contre-indications à la marche nordique ?

Bien sûr, il y a des contre-indications comme dans toute activité physique. Il est important de ne pas trop monter en intensité lorsqu'on n'est pas préparé. Il faut donc se préparer ! Il y a quelques maladies cardiaques et pulmonaires déséquilibrées qui ont des contraintes sur l’organisme trop importantes et qui doivent donc éviter de pratiquer la marche nordique. Dans le cadre de tendinopathie des membres supérieurs, on pourrait penser que c’est contre-indiqué mais le fait de poser le bâton loin derrière soi va étirer le biceps et le triceps et donc faire du bien. C’est important de s’étirer dans le cadre de tendinopathie, donc la marche nordique est un super sport que le kinésithérapeute peut utiliser. De plus les bâtons sont des super outils pour étirer les membres du corps, on peut faire pleins d'étirements ludiques avec les bâtons, des exercices de renforcement musculaire, etc.

Savez-vous s’il existe des clubs ou associations qui proposent une approche assez spécifique de la marche nordique dédiée justement à ces pathologies-là ?

Certains entraîneurs travaillent avec un public qui a besoin de marcher plus lentement, qui ont parfois des soucis de santé et proposent donc une approche de la marche un peu différente. C’est possible de trouver cette approche dans les maisons « sport santé », dans certaines fédérations. Ce sont des cours qui s’appellent “sport sur ordonnance” ou “marche nordique pour porteur de pathologies chroniques”. Le médico sport santé du comité olympique, publié par les éditions vidal, a des informations à ce sujet là. Il est possible de se renseigner sur internet, sur les réseaux de sport santé, les communautés de ville, les livres de vulgarisation médico-sportive…

Selon vous, la marche nordique est-il un sport adapté au développement physique des enfants ? Est-ce recommandé de commencer assez jeune la pratique de la marche nordique ?

Oui carrément, c’est un super outil éducatif et ludique. Je connais déjà des profs d’EPS qui font pratiquer la marche nordique à l’école. Globalement à partir du collège c’est super, top pour les enfants ayant été dispensés de sport, pour les enfants en surpoids, qui n’aiment pas courir…. C’est un sport qui dépense plus d’énergie que la marche classique, et qui permet de faire des exercices de renforcement musculaire et d’étirements autour des bâtons, c’est ludique.

Avez-vous des recommandations sport santé à nous faire ? Quelque chose à ajouter ? Un petit mot de fin sur votre livre ?

Mon livre sur la marche nordique et la santé, c’est toute la culture que j’ai acquise en 15 ans de formation et d’utilisation des bâtons de marche nordique, les expériences de mes confrères, des éducateurs sportifs et des coachs santé avec qui j’ai travaillé. C’est aussi toutes les données bibliographiques, la science récoltée sur le sujet. On a vu que c'était un sport qui était sans risque, qui n’était que bénéfique et facile d'accès, qui ne coûte pas cher et honnêtement des sociétés comme la vôtre aident au développement de ce sport donc c’est très bien. C’est un sport intergénérationnel, c'est-à-dire qu’une grand-mère peut aller marcher avec ses enfants, ses petits-enfants. Il faut marcher au niveau du seuil d'essoufflement c'est-à-dire que tant qu'on peut parler, on a pas dépassé le seuil d'essoufflement, ce qui est génial. C’est le conseil que je peux donner aux gens : marcher en parlant avec les autres. J’ai même conseillé à mes amis psychiatres d’aller marcher en consultation avec leurs patients. Les entreprises peuvent faire des réunions en marchant en petits groupes on est plus productif. On peut utiliser les bâtons pour visiter une ville, aller au travail. On les utilise aussi beaucoup pour récupérer après une blessure surtout utile chez les compétiteurs qui tournent en rond avant de pouvoir recourir... Merci à Frédéric Depiesse pour l’échange et les informations transmises. Nous vous invitons vite à découvrir son livre !

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